{"id":1678,"date":"2023-11-08T10:25:13","date_gmt":"2023-11-08T09:25:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.developmentresearch.eu\/?p=1678"},"modified":"2023-11-08T10:25:51","modified_gmt":"2023-11-08T09:25:51","slug":"la-resilience-a-t-elle-fait-son-tempsreflexions-sur-une-notion-controversee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/?p=1678","title":{"rendered":"La r\u00e9silience a-t-elle fait son temps? R\u00e9flexions sur une notion controvers\u00e9e"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Par Basile Boulay, Emma Tyrou, Diana Prelorenzo et Jordie Blanc<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans un contexte d\u2019urgence \u00e9cologique et d\u00e9mocratique, la notion de r\u00e9silience a-t-elle encore un sens&nbsp;? Et si oui, par qui et comment est-elle mobilis\u00e9e&nbsp;? Que peuvent nous apprendre les cas du Br\u00e9sil, du Maroc et de la Bretagne sur cette notion contest\u00e9e&nbsp;? Ce billet de blog se propose de restituer les \u00e9changes d\u2019une pl\u00e9ni\u00e8re, \u00e0 l\u2019occasion des deuxi\u00e8mes journ\u00e9es doctorales <em>Regards critiques sur le d\u00e9veloppement<\/em>, qui se sont tenues \u00e0 Aubervilliers (Campus Condorcet) en octobre 2023. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<!--more-->\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette pl\u00e9ni\u00e8re de fermeture, mod\u00e9r\u00e9e par Jordie Blanc (anthropologue fran\u00e7aise), a permis de cl\u00f4turer la conf\u00e9rence par une r\u00e9flexion sur l\u2019usage et l\u2019utilit\u00e9 de la notion de r\u00e9silience dans les \u00e9tudes du d\u00e9veloppement. Intitul\u00e9e \u00ab&nbsp;<em>Que faire de la notion de r\u00e9silience ? Regards crois\u00e9s depuis les recherches avec les \u00ab communaut\u00e9s traditionnelles \u00bb face aux crises climatiques et d\u00e9mocratique<\/em>&nbsp;\u00bb, cette derni\u00e8re a eu pour but de faire na\u00eetre un dialogue interdisciplinaire critique \u00e0 travers les voix d\u2019Elaine Moreira (anthropologue br\u00e9silienne), Mohammed Mahdi (sociologue rural marocain) et B\u00e9atrice Quenault (\u00e9conomiste fran\u00e7aise).<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Des exp\u00e9riences de terrain vari\u00e9es<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si les exp\u00e9riences de terrain rapport\u00e9es lors de cette pl\u00e9ni\u00e8re sont vari\u00e9es de par leur approche disciplinaire et leur domaine g\u00e9ographique, un message commun ressort pourtant&nbsp;: l\u2019urgence climatique et d\u00e9mocratique qui, par-del\u00e0 les contextes, fait partout son chemin de mani\u00e8re inqui\u00e9tante, nous amenant \u00e0 nous demander comment \u00eatre r\u00e9silient face \u00e0 ces crises, voire nous questionner sur le bien-fond\u00e9 m\u00eame de cette notion.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Crise soci\u00e9tale et d\u00e9mocratique en Am\u00e9rique Latine d\u2019abord, avec l\u2019exemple des populations Warao qui fuient depuis 2017 le Venezuela en direction du Br\u00e9sil. Prises en \u00e9tau entre un processus d\u2019affaiblissement de long-terme de leur mode de vie d\u2019une part (notamment&nbsp;\u00e0 cause de la salinisation progressive de leurs terres), et les crises \u00e9conomiques et institutionnelles r\u00e9centes d\u2019autre part, les Warao ont entam\u00e9 un processus de migration vers le Br\u00e9sil, lui-m\u00eame en proie \u00e0 de profonds changements politiques. Pendant les ann\u00e9es Bolsonaro, les Warao ont \u00e9t\u00e9 soumis \u00e0 des contr\u00f4les effectu\u00e9es par les forces militaires, avec notamment la cr\u00e9ation de camps de r\u00e9fugi\u00e9s. On estime aujourd\u2019hui qu\u2019il y a environ 9000 migrants Warao dispers\u00e9s sur le territoire br\u00e9silien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Crise sociale et environnementale aussi, comme le montrent les exemples du Maroc et de la Bretagne. Reprenant la distinction critique entre \u00ab&nbsp;Maroc utile&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;Maroc inutile&nbsp;\u00bb, M. Mahdi a insist\u00e9 sur la vision d\u2019une agriculture et d\u2019une existence \u00e0 deux vitesses. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le Maroc des plaines et de l\u2019agriculture moderne, principal b\u00e9n\u00e9ficiaire du \u00ab&nbsp;Plan Maroc Vert&nbsp;\u00bb qui subventionne notamment un mod\u00e8le agricole tourn\u00e9 vers l\u2019export. De l\u2019autre, le Maroc des zones de la \u00ab&nbsp;marge&nbsp;\u00bb&nbsp;: steppes, montagnes, oasis, politiquement d\u00e9favoris\u00e9es, bien que piliers de l\u2019agriculture de subsistance. Si la s\u00e9cheresse qui s\u2019installe de plus en plus comme une r\u00e9alit\u00e9 quasi-permanente affecte le pays tout entier, c\u2019est bien sur ces zones de la marge que ses effets les plus catastrophiques se font sentir. Si l\u2019on rajoute&nbsp;\u00e0 \u00e7a les autres d\u00e9sastres, comme les r\u00e9cents tremblements de terre, on comprend bien l\u2019ampleur de cette crise sociale et climatique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En France \u00e9galement, l\u2019urgence climatique se fait ressentir, avec des temp\u00e9rature records de 40 degr\u00e9s enregistr\u00e9s en 2022 en Bretagne. Comme l\u2019a expliqu\u00e9 B. Quenault, ces extr\u00eames vont probablement devenir la norme dans les prochaines d\u00e9cennies. En effet, m\u00eame en respectant tous les engagements climatiques pris \u00e0 ce jour (en particulier les accords de Paris), et ce m\u00eame si tous les pays s\u2019y tiennent, il semble que nous nous dirigions vers une hausse moyenne des temp\u00e9ratures de 3 degr\u00e9s, tr\u00e8s loin de la barre symbolique des 1.5 degr\u00e9s, par ailleurs d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pass\u00e9e. En France, cela se traduirait par une hausse encore plus importante d\u2019environ 4 degr\u00e9s, accompagn\u00e9e d\u2019une fr\u00e9quence accrue d\u2019\u00e9v\u00e8nements que l\u2019on continue d\u2019appeler \u00ab&nbsp;exceptionnels&nbsp;\u00bb&nbsp;: temp\u00eates, inondations, p\u00e9nuries d\u2019eau etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 l\u2019ampleur de ces crises, la notion de r\u00e9silience peut-elle nous \u00eatre d\u2019aucun secours&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>De l\u2019(in)utilit\u00e9 de la notion de r\u00e9silience<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La notion de r\u00e9silience est souvent accus\u00e9e de vouloir tout et rien dire, ainsi que d\u2019\u00eatre trop abstraite et souvent pr\u00e9sent\u00e9e comme la panac\u00e9e. C\u2019est que l\u2019histoire de la notion est longue et elle-m\u00eame li\u00e9e aux changements de paradigmes en d\u00e9veloppement, comme l\u2019a expliqu\u00e9 B. Quenault. Si la r\u00e9silience a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la base mobilis\u00e9e pour parler de chocs brutaux et soudains, elle est aujourd\u2019hui souvent utilis\u00e9e pour caract\u00e9riser des situations de crises permanentes, comme des conflits de long-terme, ou des d\u00e9r\u00e8glements climatiques qui se prolongent dans la dur\u00e9e. De fait, la r\u00e9silience participerait aujourd\u2019hui d\u2019une \u00ab&nbsp;acceptation de la catastrophe&nbsp;\u00bb, avec laquelle elle forme le bin\u00f4me r\u00e9silience-catastrophe si souvent employ\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Historiquement, nous pouvons distinguer plusieurs paradigmes de la r\u00e9silience. Dans les ann\u00e9es 1950, il s\u2019agissait de ma\u00eetriser les al\u00e9as et d\u2019en mod\u00e9liser les risques afin de les minimiser. A partir des ann\u00e9es 1970, un paradigme de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 s\u2019installe, avec un attention nouvelle port\u00e9e aux questions sociales, et non plus seulement physiques, et un d\u00e9veloppement des mesures de pr\u00e9vention et capacit\u00e9s d\u2019adaptation. A partir des ann\u00e9es 2000, la notion de r\u00e9silience devient v\u00e9ritablement pro\u00e9minente, avec une culture de la gestion du risque, un certain rapprochement entre aide humanitaire et aide au d\u00e9veloppement, et un transfert accru de responsabilit\u00e9 de l\u2019Etat providence vers la soci\u00e9t\u00e9 civile et les individus. En ce sens, la popularit\u00e9 grandissante de la notion de r\u00e9silience peut \u00eatre vue comme concomitante d\u2019un recul des solidarit\u00e9s collectives.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019un point de vue disciplinaire, E. Moreira a \u00e9galement soulign\u00e9 le fait que cette notion est largement absente du vocabulaire de recherche en anthropologie. Ceci est en partie li\u00e9 \u00e0 la nature de la discipline, qui accorde beaucoup d\u2019importance aux contextes locaux, dont la diversit\u00e9 rend l\u2019usage de la notion de r\u00e9silience probl\u00e9matique. Par exemple, comment l\u2019utiliser dans le contexte du Br\u00e9sil, o\u00f9 cohabitent plus de 300 peuples&nbsp;? Une utilisation de cette notion parait cependant possible si l\u2019on se concentre sur une perspective de long-terme, pour mieux comprendre les strat\u00e9gies d\u2019adaptations des populations \u00e0 travers des approches, par exemple, plus historiques ou arch\u00e9ologiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le contexte du Maroc, M. Mahdi a soulign\u00e9 plusieurs limitations du concept. Une certaine redondance d\u2019abord, puisque les populations affect\u00e9es par les catastrophes vari\u00e9es doivent tant bien que mal s\u2019adapter, et donc, font en un sens toujours preuve de r\u00e9silience (par exemple&nbsp;: capturer et consommer comme aliments des criquets \u00e0 la suite d\u2019une attaque massive sur les cultures). L\u2019usage abusif de la notion de r\u00e9silience cache \u00e9galement une tendance de crise de reproduction sociale de long-terme&nbsp;: les crises r\u00e9p\u00e9t\u00e9es (inondations, s\u00e9cheresses, tremblements de terre etc.) mettent \u00e0 mal les conditions d\u2019existence des populations locales. A cela s\u2019ajoute des questions g\u00e9n\u00e9rationnelles&nbsp;: les jeunes g\u00e9n\u00e9rations \u00e9migrent \u00e0 la recherche de nouvelles opportunit\u00e9s \u00e9conomiques. Si la notion peut \u00eatre utile, elle ne doit donc pas non plus \u00e9clipser ces autres aspects.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Et maintenant?<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous l\u2019avons vu, la notion de r\u00e9silience est controvers\u00e9e, de par ses liens avec les paradigmes de d\u00e9veloppement et leurs pr\u00e9mices id\u00e9ologiques, mais aussi \u00e0 cause de la diversit\u00e9 des contextes et du fait que la r\u00e9silience semble \u00eatre aujourd\u2019hui mobilis\u00e9e en permanence comme une injonction&nbsp;\u00e0 s\u2019adapter face aux catastrophes sans questionner leurs causes ou impacts diff\u00e9renti\u00e9s sur les groupes sociaux. Se pose alors la question du politique&nbsp;: la r\u00e9silience est-elle une notion trop apolitique, un concept de la gouvernance technocratique si ch\u00e8re aux institutions internationales&nbsp;? Une possible politisation de la notion ram\u00e8nerait le d\u00e9bat vers des approches plus radicales de justice sociale et de transformation. De la r\u00e9silience&nbsp;\u00e0 la r\u00e9sistance, il n\u2019y aurait alors qu\u2019un pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Basile Boulay<\/strong> est directeur ex\u00e9cutif adjoint du secr\u00e9tariat de l\u2019EADI \u00e0 Bonn (Allemagne) o\u00f9 il est en charge de promouvoir la visibilit\u00e9 des \u00e9tudes du d\u00e9veloppement \u00e0 \u00e9chelle europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Emma Tyrou<\/strong> est doctorante en \u00e9conomie politique au CEPN-USPN (Universit\u00e9 Sorbonne Paris Nord) et travaille notamment sur l\u2019\u00e9conomie politique et institutionnaliste de l\u2019Etat dans le contexte du Br\u00e9sil.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Diana Prelorenzo<\/strong> est doctorante en \u00e9conomie au CREDA (Universit\u00e9 Sorbonne Nouvelle). Ses recherches portent sur la sp\u00e9cialisation \u00e9conomique au Mexique, plus particuli\u00e8rement dans le secteur touristique. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jordie Blanc Ansari<\/strong> est anthropologue et ma\u00eetre de conf\u00e9rence (Universit\u00e9 Panth\u00e9on Sorbonne). Elle travaille sur &nbsp;les in\u00e9galit\u00e9s socio-environnementales en Bolivie et sur l\u2019appropriation sociale et politique du concept du Vivir Bien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Basile Boulay, Emma Tyrou, Diana Prelorenzo et Jordie Blanc Dans un contexte d\u2019urgence \u00e9cologique et d\u00e9mocratique, la notion de r\u00e9silience a-t-elle encore un sens&nbsp;? Et si oui, par qui et comment est-elle mobilis\u00e9e&nbsp;? Que peuvent nous apprendre les cas du Br\u00e9sil, du Maroc et de la Bretagne sur cette notion contest\u00e9e&nbsp;? 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R\u00e9flexions sur une notion controvers\u00e9e&#8221;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":1680,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advanced_seo_description":"","jetpack_seo_html_title":"","jetpack_seo_noindex":false,"jetpack_seo_schema_type":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[1],"tags":[113],"class_list":["post-1678","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-opinionpieces","tag-resilience"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_shortlink":"https:\/\/wp.me\/papI3v-r4","jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/wp-content\/uploads\/2023\/11\/French-blog-broad-scaled-e1699435439883.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1678","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1678"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1678\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1682,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1678\/revisions\/1682"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/1680"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1678"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1678"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.developmentresearch.eu\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1678"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}